24 novembre en mer
On quitte ce matin le secteur de La Paz, direction Puerto Vallarta ! C’est à 2-3 jours de nav, on sort de la mer de Cortes pour retrouver les eaux fortes du Pacifique … 340 milles à courir, beaucoup d’eau qui va filer sous la coque.
On quitte une terre sèche, désertique, où poussent mille et uns cactus, une eau came et plutôt claire, et on se réjouit de découvrir une autre version du Mexique en arrivant “de l’autre côté”.
25 novembre au matin en mer
Fin de la première nuit, moment magique : le retour de l’astre roi.
C’est toujours un moment privilégié, les premières lueurs qui se dessinent à l’horizon, les nuages qui se profilent, le dos d’une vague qui se nappe d’une touche plus claire, et puis la lumière monte, crescendo, jusqu’à ce que le distinguo se prononce clairement et que les couleurs se ravivent … j’adore ! Mais c’est long d’arriver jusqu’à ce moment : lutte incessante contre les yeux qui se ferment, patience mise à l’épreuve, lectures impossibles et les vagues qui bercent, pas toujours doucement mais qui bercent …
Rigolo aussi de sentir les courants d’air chaud et d’air froid se succéder sur le pont …
Des bisous, doux, tendres, ravis d’avoir déjà la moitié du parcours sous la coque.
25 novembre soir en mer
Journée sous le bleu en compagnie de … rien … quelques fous qui sont passés nous dire bonjour, un qui est venu jouer dans le soleil couchant avec le bateau, pas de poissons, pas d’autres bateaux autour de nous, pas d’avions dans le ciel, juste le vent, le soleil, la mer douce (merciiiii) et Myriades qui glisse sous spi … donc tout !!
26 novembre en mer
Fin de cette première longue étape : 400 milles nautiques en 57 heures, 7 noeuds de vitesse moyenne avec une mer toute douce, des vagues toutes mignonnes, à peu près dans le bon sens.
Pas de pêche, le congel est déjà plein (de fondue 🫕 et de viande), pas d’avarie, tout va bien, Myriades est prêt pour la longue route qui l’attend.
A Puerto Vallarta si tout va bien, on change les panneaux solaires. Donc quelques jours de stop avant de reprendre une nav similaire jusqu’à Acapulco.
J’ai eu le temps de me demander combien de fois il fallait compter jusqu’à 60 pour parcourir un mille, et combien de temps il fallait laisser passer entre 1 et 2, pour aller jusqu’à 6, et parcourir 6 milles, j’ai eu le temps de regarder les étoiles, de rêver, de dormir, d’imaginer à quoi ressemblerait la côte, d’écouter des chouettes podcasts et de la bonne musique.
Notre dernière journée nous a offert 2 tortues, 1 frégate, 3 baleines et un banc de dauphins, et puis des fous et des puffins bien sûr.
Puerto Vallarta, ou plus exactement La Cruz de Huanacaxtle, jeudi 27 novembre.
Après 57 heures en mer, principalement à la voile, sous spi et sous génois, avec une mer toute douce, on est arrivés dans la baie de Puerto Vallarta. On ancre devant la Marina de La Cruz puisque nous arrivons à la tombée de la nuit, ça nous permet une arrivée en douceur 😉 On choisit La Cruz de Huanacaxtle comme destination (nord-ouest de la baie), plutôt que Puerto Vallarta (sud-est de la baie). Plus authentique parait-il, plus coloré, plus petit et plus agréable … vamos !
Jeudi matin, mauvaise nouvelle pour Hervé et le bateau : les panneaux solaires ne seront pas livrés à temps.
Fin de matinée on est à la marina, jolie manœuvre de port pour moi sans prop, arrivée toute en force et en finesse à la fois, sous les sourires approbateurs des gars du port. Comme on décide de repartir demain (rien ne sert de rester ici alors qu’on ne peut pas faire les travaux), j’attaque la cuisson de quelques repas : poulet moutarde & légumes, et puis rougaille-saucisse, et puis j’en profite pour blanchir quelques légumes prêts à manger dans le frigo. Les 3 jours passés en mer entre La Paz et Puerto Vallarta m’ont rappelé l’importance d’avoir de quoi se nourrir bien (et bon) au moins une fois par jour pendant qu’on est en mer, de manière simple et facile.
Pendant ce temps, Hervé s’occupe des formalités avec les autorités locales.
Mon premier bonheur dans le port, c’est d’entendre à nouveau le chant des oiseaux ! de voir des arbres autour de nous ! des palmiers, oui, plantés tout joliment sur la digue, mais aussi en un peu partout, à moitié sauvages ou complètement intégrés à l’urbanisme.
Direction « lavanderia » et un lunch mexicain, « en ville ». Hervé met sur son GPS « boulangerie » en se disant que ça nous rapprochera du centre. En longeant les quais, on tombe sur des panneaux « attention aux crocodiles » … ?!?!? pas une seconde j’ai imaginé ce genre d’animal dans le coin … et ce matin je nageais sereinement autour du bateau … Pas sûre que je sois tranquille la prochaine fois 😉
On sort de la marina sur nos vélos et on se retrouve sur des routes soit de poussière, soit de cailloux cimentés, un truc fait pour les grosses voitures ou les véhicules avec des suspensions, mais avec nos vélos c’est pas top.
La ville ressemble plus à une petite bourgade qu’une « ville », bâtiments à 1 ou 2 étages (yc le rdc), fils électriques partout, murs en parpaing pas terminés avec les barres de fer qui ressortent en haut, couleurs bigarrées, les rues sont bordées d’arbres et de cactus et de plantes tropicales à grandes palmes et de palmiers et plein de végétation colorée, quel bonheur de voir toutes ces feuilles vertes 😉 !!! petites échoppes à gauche à droite, terrasses de bistrot avec 3 tables sous un parasol, des toits en tôle à peine posés sur des plots en haut des murs, des trottoirs pas droits, des rues bombées, des sols totalement irréguliers, des tableaux noirs qui indiquent ce qu’on peut trouver derrière les portes et les fenêtres pleines de poussière, des sourires édentés, des yeux accueillants, une bourgade plutôt propre d’ailleurs.
Après-midi à remettre le bateau en état, dessaler le pont, changer les joints du frigo, nettoyer l’intérieur, régler le problème de faux-contact du propulseur, finir la cuisine.
On se fait une virée en Uber jusqu’au supermarché, histoire d’adapter le contenu du frigo au climat local et aux navigations à venir, puis retour à La Cruz pour une bonne margarita et un dîner à la Baleine Blanche, où là aussi on se questionne sur l’architecture locale : qu’est-ce qui tient en période de cyclones, et qu’est-ce qui disparait .. ? Murs en dur surplombés par une structure métallique sur laquelle sont posés des panneaux en forme fausses tuiles, tissus mesh tendu entre les deux, quelques étagères aux murs, un bar en dur, différents niveaux de toiture, … qu’est-ce qui est démonté avant les gros vents ? …
D’ailleurs, en discutant (en espagnol, donc conversation un peu restreinte), le gars nous disait qu’ici soit y’a pas de de vent, soit c’est des cyclones .. ok, nous voilà prévenus … je ne sais pas ce qu’il faut nous souhaiter pour ces prochains temps … 😉 mais je crois que le Volvo va passablement tourner pendant la semaine à venir … on espère au moins être poussés par quelques thermiques de temps en temps, et ne pas faire que du moteur …
Vendredi matin, au lieu de repartir direction Acapulco, Hervé décide de changer (enfin) la pompe du générateur (c’est marrant ça, tous ces travaux à faire maintenant qu’on est en route, plutôt que de les avoir faits au chantier …). Il n’y arrive pas tout seul, moi je suis d’aucun secours, et du coup, un mécano passera en début d’après-midi. Départ reporté à samedi 29. Après-midi « libre », mais vite occupée par la rencontre d’un équipage qui navigue sur un Garcia, arrivé ce matin, et puis et puis et puis plein de petits trucs variés, dont la pompe eau de mer du générateur changée ! cool, on pourra l’utiliser si nécessaire pour faire fonctionner le déssal.

























