Hey salut la compagnie, nous voilà de retour !

On a passé un magnifique temps à terre, avec des quantités de bonnesheures à ramasser à la pelle, c’était un temps joyeux, serein, long, plein, en famille, avec les amis, seuls aussi, seule aussi, proche de la mer, en vadrouille dans les terres, dans des expérimentations et dépassement de soi (moi à la voile en skippant un bateau avec 6 autres femmes à bord, et Hervé à la transformation d’une cuisine), à Carnac, à Yeu, à Rolle, à Vevey, à … c’était bien, du début jusqu’à la fin !

De retour au chantier, avant de commencer à travailler, on a commencé par ralentir sous la chaleur mexicaine pour essayer de trouver le bon rythme. Les 35 degrés se sont bien fait sentir, pris en mille-feuilles avec les heures de décalage, on était vite cuits en fin de journée. Il faut dire que Myriades est en plein désert, sur un terrain poussiéreux partagé avec 400 autres embarcations, dont une vingtaine qui se préparent à repartir à l’eau. Il fait beau et il fait chaud. Pour les amateurs de contrepèteries belges, il fait chaud et …

Au menu :

  • Réapprendre la mélodie de la vie en bateau, et par exemple ne pas me souvenir où sont les trappes des réservoirs à eau, réapprendre notre vocabulaire, retrouver des gestes plus pratiqués depuis près de 6 mois
  • Retrouver comment parler en espagnol, réinventer des mots, ne pas me limiter, oser, trébucher, recommencer et rigoler, et finalement ça « revient » vite et ça passe, on se fait comprendre partout
  • Avoir le plaisir de poncer toute la coque toute seule, toooouuute la coque, en pensant à Karaté Kid qui devait refaire la pallissade de son Senseï, et le nombre infini de cercles avec les bras, en frottant la coque à gauche, puis à droite, en haut, puis en bas, debout, puis à genoux voire couchée … la coque et le puits de dérive, soit plus de 50 m2 de poussière de peinture noire que j’ai frotté dans tous les sens !!
  • Savourer de la musique des années 80-90 partout, un orchestre ou groupe ou chanteur dans chaque restaurant
  • Faire tomber la dérive, sans être à 100% confiants qu’on pourra la remettre en place (elle pèse quand-meme ses 200 kg)
  • La chaleur qui nous tombe dessus à partir de 10h
  • La nuit qui tombe aussi, toute seule, à 18h
  • Une entrée au restau composée de 3 œufs par personne
  • Quoi ? Vous ne voulez pas de patatas ni de friolès avec votre omelette ??
  • Aucun légume à la carte …
  • Des grands sourires, des Mexicains adorables, des Américains … américains
  • Des vieilles voitures, des buggies pour aller s’amuser dans la poussière
  • Débarrasser le puits de dérive de tous ses coquillages
  • Le désert, la terre rouge
  • Le ciel bleu, du matin au soir
  • Du maïs blanc (il a pas vu le soleil ?? il a quel gout ?)
  • Remettre tout le grément en place, tous les cordages
  • Des tortillas-tortillos, tacos, nachos, burritos, des crêpes de blé ou de maïs à tous les repas
  • Remettre les voiles à poste
  • Des margaritas aussi, cadillac de préférence (avec du Cointreau au lieu d’un triple-sec)
  • Les moustiques les mouches les moustiques les mouches
  • Faire les vidanges
  • Enlever l’hélice, remettre l’hélice en place (pas encore gagné…surtout quand le contre-écrou reste coincé dans l’axe …)
  • Poser les scotchs pour préparer l’antifouling
  • Changer la pompe du groupe d’eau
  • Appliquer l’antifouling (eh oui, on est toujours à 50 m2 de coque à peindre)
  • Changer d’hôtel au milieu du séjour et découvrir que notre prochain plumard est juste au-dessus d’une boite de nuit !!
  • Trouver le moyen de retirer une visse cassée coincée dans un pas de vis, qui refuse de sortir de son logis
  • Retirer les scotchs et en reposer de nouveaux pour repeindre notre magnifique ligne de flottaison, bien blanche
  • Trouver un endroit pour faire laver notre linge sale
  • Refaire les appros (et découvrir que les tomates à sauce ne se vendent qu’en carton ici)
  • Vider le garde-meuble et tout rapatrier au bateau

Et rire quand on nous demande si on ne s’embête pas à vivre sur un bateau sans rien faire, hahaha !!!

Au final, on aura mis 9 jours pour venir à bout de tout, tranquilles, sans stress hormis trouver des solutions aux problèmes techniques, et ça, Hervé il sait bien faire. On a rencontré des gens sympas, et comme d’hab, l’entraide est de mise, les connaissances et les bons conseils se partagent à tout moment.

A l’eau samedi matin, on a décidé de partir dimanche à minuit pour traverser la mer de Cortes d’est en ouest. Départ sur une eau toute tranquille, vent faible à modéré annoncé, pas de vagues puisque le plan d’eau est super protégé, on a tout pour bien faire et ne pas être malade (pour moi) … Les ris ne sont même pas encore installés dans la GV, mais pas grave, vamos ! vous dire à quel point les risques de vent fort sont infiniment minimes.

Hervé prend son premier quart de veille, histoire de vérifier que tout va bien à bord, de tester les réglages et de retrouver certains automatismes ; moi j’en retrouve un direct : m’endormir sur demande. Trois heures plus tard, à mon tour de monter sur le pont. Hervé part roupiller, et je retrouve les sensations de glisse dans la nuit, sous les étoiles, nombreuses, les vagues chantent l’écoulement de l’eau sur la coque, le plaff d’un poisson qui saute pas loin, le vent vient mêler sa mélodie à celle de l’eau, les voiles bruissent elles-aussi, c’est un super concert pour une première nuit, sans musique, juste avec les éléments. Un mini croissant de lune perché sur l’horizon se lève à l’est, bientôt suivi par les lueurs du jour qui pointe. L’aube est déjà bien levée quand Hervé émerge, j’attends encore que le soleil se montre avant de partir retrouver Morphée. Le vent tombe dans la matinée, à l’approche des côtes, on remet le moteur en route pour se rapprocher d’une anse abritée où on saute à l’eau avec bonheur et ravissement ! Je prends la température après le bain : 26 degrés !! Ca promet pour les semaines à venir, top !!!

Puis on avance pour trouver notre abri nocturne, avant de reprendre la route du sud. Faut dire qu’on a des milles à courir ces prochaines semaines, puisqu’on a comme objectif de passer le canal de Panama à Noel … Puis après Panama ? B’en les San Blas, puis on suivra la route de Melissa, ce fameux ouragan … Jamaïque, Bahamas, Bermudes, Açores, Gibraltar, Bormes les Mimosa en septembre … Ca fait un paquet de vagues à surfer, de dépressions à éviter, de souffles d’air à prendre dans le bon sens, de températures d’eau à tester, de voiles en eau et de voiles en bas, d’heures sans voir la terre, de levers de soleil sur la mer et de couchers de soleil sous les cocotiers (gare aux nonos !!), un sacré bon nombre de milles nautiques qui feront tourner la petite roue du speedomètre …

Mais rassurez-vous, ce ne sera pas la fin du voyage, ça sera juste boucler cette boucle .. Après il y a toute l’Europe du nord à découvrir, à explorer, l’appel des ours blancs et des climats froids, on aime ça … alors restez avec nous encore un moment pour partager les joies de nos balades !!

3 comments

  1. Tellement déçus de ne pas avoir réussir à se voir à terre mais tellement heureux de vous savoir de nouveau sur l’eau! On se rate de peu car nous serons au Mexique à Noël. Profitez bien de cette nouvelle longue navigation et on se voit en France en Septembre! On vous embrasse fort

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